( 6 mars, 2010 )

THADARTHIWE – TAGRAGRA

TAGRAGRA
(THADARTHIWE)
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 ANSUF YISWEN AR BLOG TAGRAGRA

Notre village, Tagragra, se situe sur la commune (thaghiwant*) d’Ath-Mahmoud dans le département de Tizi-Ouzou (Haute Kabylie), à une vingtaine (snat n tmerwin*) de kilomètres de Tizi-ouzou, peuplé de cinq cent (semmus n twinas*) habitants permanents environ sans compter, ceux, nombreux, partis s’établir ailleurs en Algérie, France, Canada, Angleterre, Allemagne, Irlande, ………..etc, et qui, à leur grande majorité, reviennent passer des vacances (amaris*) ici. Un magnifique village typiquement Kabyle situé sur un rocher (Azrou*) et au bord d’un ruisseau (ighzer*).

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(*) : Désolé si c’est mal orthographié en phonétique, mais ce n’est pas évident à écrire à cause de certaines prononciations propre à la langue kabyle.

( 22 octobre, 2013 )

Le message de Mammeri a-t-il été bien entendu et compris ?

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« Pourvu qu’il ne vous arrive point tel le sort de cet arbre lequel, une fois coupé de ses racines, ses feuilles vertes se faneront et dépériront. Un arbre sans racines est condamné à mourir. Ne soyez pas, vous gens d’aujourd’hui, tels des gens sans racines… Faîtes en sorte de ne pas devenir des éternels pauvres de la Connaissance la plus large d’esprit et de cœur. J’ai pensé à toi, génération d’aujourd’hui et de demain… A présent, la Connaissance se puise dans les livres.  C’est pour cette raison, que j’ai écrit ce livre : pour vous tous, pour qu’il vous soit une référence, un exemple à méditer, un fondement sur quoi vous appuyer, construire et transmettre la Connaissance … Nous avons défriché le terrain, à présent, c’est aux autres de continuer.»

(In Poèmes Kabyles Anciens,  Mouloud Mammeri, Editions Laphomic)

Comme je l’ai évoqué dans le n° 39 de la revue Abc Amazigh et rappelé dans mon livre qui porte le même nom, le message de notre Grand Maître Feu Mouloud Mammeri, a-t-il été bien entendu, lu et bien compris ?

Combien de « Mohand Azwaw  et ceux de sa génération », auxquels Mammeri avait adressé ce message,  l’ont-ils lu et compris ? Moi je l’avais bien lu et bien compris. C’était pour cette raison que j’avais fondé une maison d’édition dévouée à la langue et culture amazighe. Ce fut, pour moi, une manière aussi de prendre ma revanche vis-à-vis du pouvoir dictatorial algérien.

Je pensais, naïvement, que le fait de sortir de la clandestinité, de l’époque noire des années 1970, où, avec mes camarades, clandestinement et dangereusement, j’assurais la publication de la revue Idtij (Le Soleil) – même feu Mouloud Mammeri me disait : « Comment tu arrives à faire ça, Smaïl ? » – je pourrais continuer, légalement, librement et aisément, mon combat pour notre noble cause, avec un lectorat tout aussi militant et  suffisant. Hélas !
Pourtant, comme l’avait si bien dit, aussi, notre Grand Maître feu Mouloud Mammeri :   « Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe. Tant qu’encore s’entendait le verbe qui, depuis plus loin que Siphax et que Sophonisbe, résonnait sur la terre de mes pères, il fallait se hâter de le fixer quelque part où il pût survivre, même de cette vie demi-morte d’un texte couché sur des feuillets morts d’un livre. »
Notre langue et notre culture se doivent, par conséquent,  pour survivre, de passer, vite, de l’oral à l’écrit, c’est-à-dire aux livres, « avant que la mort ne les happe ». Il y a donc urgence et péril en la demeure.
Mon défi pour  éditer un livre  chaque mois et pour un millier de lecteurs au moins, était la réponse – militante – que moi, je proposais, en réponse à ce cri d’alarme. Mon défi n’a pas été appliqué, respecté.

Notre langue est-elle condamnée à demeurer une langue orale ? Rezki Issiakhem, dans sa préface de l’œuvre de Saïd Iamrache, « Tasga n tlam ou  l’Obscurantisme en plein jour»  publiée après son décès, a confirmé en lançant ce même cri d’alarme :  « C’est par la lecture de romans comme celui-ci que se développera le goût de lire notre langue et que l’on rejettera l’aberration d’un fatalisme qui voudrait l’enfermer dans une oralité réductrice et décadente… »  Et de refuser à croire « Que les nombreux militants de la cause amazighe et les milliers de manifestants qui défilent lors du printemps amazigh ne seraient pas analphabètes ». Raison évoquée par des maisons d’éditions qui ont refusé de publier cette œuvre posthume « considérant que la rentabilité d’une œuvre en tamazight ne pouvait en être assurée. »

Je le répète aussi : acheter et lire des ouvrages de langue amazighe, c’est un autre militantisme,  c’est  prouver qu’il existe un lectorat de la langue amazighe, c’est prouver que «Ass-a, azekka, tamazight tella, tella » (Aujourd’hui, demain la langue amazighe existe, existera)  n’est pas un slogan creux, vide de sens.
Je re-lance donc mon défi à tous les militants et militantes qui ont scandé ce slogan : y-a-t-il, dans toute l’Amazighie et la diaspora, au moins un millier de lecteurs (trices) du livre amazigh ?

En attendant, dans les librairies, il n’y a pas foule. Les émules de Mouloud Mammeri, quelques rares jeunes poètes qui parviennent à publier – à compte d’auteur -  un petit recueil de poésie, font du porte à porte pour proposer leurs ouvrages. C’est ce que je fais présentement, personnellement, via internet. Sans suite aucune.
Avant, les gens disaient : « Il n’y a pas d’écrivains en langue amazighe ! » A présent, ce sont les écrivains qui disent : « Il n’y a pas de lecteurs de la langue amazighe ! »

« La langue amazighe n’est pas un dialecte archaïque qui ne mérite, comme on le croit généralement, aucune considération, mais un chef-d’œuvre linguistique qu’il faut à tout prix développer et promouvoir. Un jour, le nord-africain sera, j’en suis sûr, fier de sa langue.” C’était ce que souhaitait ardemment mon défunt compagnon de combat, Mohamed Haroun.

Durant les années 1970, pour faire adhérer quelqu’un à notre cause amazighe, il fallait, à sa demande, prouver que notre langue s’écrit. Où en est-on aujourd’hui ?

Que font les réseaux associatifs kabylo-amazigho-berbéros, dans nos Pays respectifs et au sein de la diaspora, hormis de répéter, sans cesse, les mêmes slogans, les mêmes discours, les blas blas, les manifs, les fêtes, les danses,  les sempiternels spectacles ?

Il faudrait d’abord prendre conscience d’un fait : d’où vient ce mal, cette absence de lectorat amazigh ? La question et la réponse sont en chacun et chacune de nous. Comme l’arbre qui dit à la hache : pourquoi tu me frappes ? La hache lui répond : ma main vient de toi.

Abc Amazigh fut, pour moi, une amère déception ; pire : une douloureuse expérience dont j’en souffre jusqu’à aujourd’hui.
Une revue, pourtant bien appréciée par ses quelques lecteurs (trices) et surtout par la presse nationale. Je cite, humblement, quelques extraits : “Le contenu scientifique de ce bulletin – dirigé par Smaïl Medjeber – l’un des pionniers de la revendication de l’identité amazighe de l’après-indépendance de l’Algérie -, confirme qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas plus de réhabiliter l’amazigh, mais de produire cette langue…  Cet éventail ouvert prend en charge avec bonheur – ce qui est rare dans ce genre de revue spécialisée – la tri culturalité des lecteurs auxquels la revue s’adresse : le français, l’arabe et l’amazigh se solidarisent pour développer, sans aucune susceptibilité culturelle la question majeure de l’écrit amazigh. ” Le Matin, 09/04/1996.“A distance des sirènes politiciennes : OUF ! Voilà une revue qui aborde la question de la langue  amazighe sans se laisser aspirer par les sirènes politiciennes… Assurément la revue Abc Amazigh a choisi la voie du débat d’idées, de la construction. La plus sûre. ” (D. H.) Libre-Algérie n°13, 1 – 14/3/99. “Abc Amazigh que dirige l’infatigable Medjeber n’arrête pas de nous surprendre. Agréablement s’entend… Dans l’ensemble, Abc Amazigh se maintient. Avec peu de moyens, cette revue ne se laisse pas abattre par un environnement hostile. Que la résistance continue !” (A.L) Libre-Algérie n°33, 6-19/12/99.

Qui a acheté et lu les revues Abc Amazigh, Izuran… ? Qui a acheté et  lu les œuvres de : Si Amar-Ou-Saïd Boulifa, Belaïd Nat-Ali, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohand Lechani, Abdallah Mohya, Saïd Iamrache, Ahmed Nekkar, Kamel Naït-Zerrad, Amar Mezdad, Rachid Alliche, Halima Aït-Ali Toudert, Tassadit Tacine, Hassane Ben Amara, Mohand Ouaneche, Mohand-Ouramdane Larab, Yahia Yanes, Salem Chaker, Malek Houd, Youssef Nacib, Mohand Aït-Ighil, Salem Zenia,  Houcine Azergi, Ahmed Adghirni, Brahim Lasri Amazigh, Mohamed Akounad, Rachid Jadal, … (désolé pour les auteurs non cités) ?

J’aimerais bien avoir des réponses à ces questions, par courriel à : défiberbere@hotmail.fr , sur ma page Facebook, memoireamazighe, ou sur : amazigh blog de communication.WordPress.com (un blog qu’une généreuse personne m’a aidé à créer).

Il faut passer notre langue ancestrale de la bibliothèque orale multimillénaire, en voie de disparition, à une bibliothèque livresque immortelle.

Bien sûr, la langue amazighe a le droit naturel et légitime, en Algérie et dans toute l’Amazighie, d’être reconnue  et traitée comme langue d’Etat, nationale, officielle avec tous les attributs et droits y afférents, son enseignement compris. Bien sûr, pour cela, il faut continuer le combat militant et politique jusqu’au bout.

Cependant, il faut exercer notre propre pouvoir personnel, responsable, tout aussi militant. Pour ce faire, nul besoin de décret pour acheter un livre, une revue qui transmet la langue et la connaissance de l’histoire amazighe. La langue amazighe n’a pas besoin du bla bla politicien  et pseudo-militant ! Inutile de faire comme l’autruche. Ne plus utiliser cette cause culturelle et linguistique à des fins politico-personnelles. Que ceux et celles qui prétendent défendre cette noble cause brandissent, au moins, UN livre amazigh, comme preuve.

Le combat pour la langue et culture amazighe, se joue dans les librairies et par nos poches.

Comme je l’avais dit, un jour, à un « militant » que j’avais croisé à Alger, qui s’était soûlé parce qu’on avait empêché un honorable ancien combattant de faire son discours en amazigh, lors d’une conférence organisée à Tizi-Ouzou (en plus !) :
-Si tu es contrarié et choqué par cela, c’est simple, il te suffira d’aller dans la librairie d’en face et acheter un livre amazigh. »
Au lieu de faire comme je lui avais dit, il préféra aller dans le prochain bar pour s’y soûler encore plus.

Promouvoir le livre amazigh, c’est faire survivre notre langue et la transmettre aux générations futures. C’était le message, clair et net, de Feu Mouloud Mammeri.

Le prix d’achat d’un livre ne vaut pas le prix d’une vie, des vies sacrifiées par les militants (tes) et martyrs (yres) de cette noble cause.

La langue amazighe, les auteurs et les éditeurs ont besoin de vous, de nous. Pour reprendre le slogan de Coluche et des Restaurants du Cœur. Soyons des acheteurs et lecteurs de cœur. Pour notre langue. A bon entendeur, azul.
Amazighement vôtre, l’Ambulancier de la langue amazighe,
Smaïl Medjeber

( 16 juillet, 2013 )

Brèves de Kabylie

L’info du jour et au jour le jour avec vous tous.

Vos commentaires sur notre Kabylie.

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( 2 mars, 2013 )

Calendrier Amazigh

Calendrier Amazigh

 

Le calendrier amazigh tel qu’il est encore appliqué dans certaines régions de tamazgha :

 

Mois de l’année

Jours de la semaine

Saison : tasemhuyt

Kabyle

Français

Kabyle

Français

Kabyle

Français

Yennayer

Janvier

Arim

Lundi

Tafsut

Printemps

Furar

Février

Aram

Mardi

Anebdu

Eté

Meghres

Mars

Ahad

Mercredi

Tamenzuyt

Automne

Yebrir

Avril

Amhad

Jeudi

Tagrest

Hiver

Maggu

Mai

Sem

Vendredi

Yunyu

Juin

Sed

Samedi

Yulyu

Juillet

Acer

Dimanche

Ghect

Août

Cutember

Septembre

Tuber

Octobre

Unbir

Novembre

Dujember

Décembre

Tafsut : printemps ;

Anebdu : Eté ;

Tamenzuyt : automne ;

Tagrest : hiver.

Ighanen (les devoirs) : un jour, 27 octobre, démarrage de l’année agraire, premier labour symbolique, rite propitiatoire de fertilité de la terre.

Lahlel n’ tyerza (labours licites) : 25 jours, du 27 octobre au 21 novembre, labours, semailles et dressage des taureaux, nettoyage des oliveraies.

Iqechachen n’ tyerza (la chute des feuilles) : 7 jours, du 22 novembre au 29 novembre, dernière semaine des labours, ramassage des olives qui tombent seules (ahlaladh).

Taggourt n’ tegrest (La porte de l’hiver) : 29 novembre, premier jour de l’hiver.

Iqechachen n’ tegrest  (Les dernières feuilles qui tombent) : 7 jours, du 30 novembre au 6 décembre, entrée de l’hiver. Interdiction d’entrer dans les oliveraies (période improductive)

Timechret ou zemmour, ou Tamouqint (La fête des olives) : date fixée par tajmaât, fête villageoise avec sacrifice d’animaux, démarrage de la cueillette des olives après Iqechachen.

Oussan u zemmour (jours de cueillette) : 18 jours, du 7 au 24 décembre, tiwizi, entraide dans la cueillette des olives Ouverture des huileries.

Azounzo : (rituel d’ouverture des moulins) goûter rituel de l’huile nouvelle.

Tughalin n’ tafukt (solstice d’hiver), 21 décembre. Solstice d’hiver.

Issemaden iverkanen (journées noires et glaciales) : 20 jours, du 25 décembre au 13 janvier, poursuite de la cueillette des olives. Labours d’hiver.

Imensi n’ yennayer (repas du réveillon) : veillée du 11 janvier, fête familiale, rite sacrificiel, rite de passage, réjouissances, exubérance.

Amenzou n yennayer : jour de l’an amazigh ouverture de la nouvelle année, travaux domestiques importants (nettoyage,…) coïncide avec le 12 janvier.

Issemaden imellalen (journées blanches et froides) : 20 jours, du 14 janvier au 2 février, poursuite de la récolte des olives.

Lâazla (La quarantaine) : 3 jours, du 3 au 5 février, Interdiction d’entrer dans les oliveraies.

Mirghan (Mirghou) (Brulures du gel) : 7 jours, du 6 au 12 février. Gelées, précaution pour les récoltes, feux et fumigations dans les champs.

Aretal (la journée d’emprunt) : 13 février, furar aurait prêté un jour à yennayer.

Mighnan (les jours des oiseaux) : 7 jours, du 14 au 20 février, période de la taille des oliviers.

Iâazriyen (les journées folles) : 7 jours, du 21 au 27 février, dernière semaine de trituration des olives, fermeture des huileries.

Amenzou n’ tefsut (aderyis) : (premier jour de printemps), 28 février, rituel d’accueil du printemps, procession et repas champêtres, rituel de fertilité féminine (les jeunes filles se roulent dans l’herbe).

Tizegaghine (les journées rouges) : 10 jours, du 28 février au 9 mars, nettoyage des oliveraies, taille et élagage, travail de la laine, tissage des couvertures.

Timgharine (Les vieilles capricieuses) : 7 jours, du 10 au 16 mars, travaux dans les oliveraies, épierrage, irrigation, derniers jours de taille.

Ledjwareh (les blessures) : 7 jours, du 17 au 22 mars, floraison des arbres fruitiers.

Swaleh (la nouaison) : 7 jours, du 23 au 30 mars Nouaison des fruits.

Imheznen (les jours tristes) : 7 jours, du 31 mars au 6 avril,  les 7 jours tristes.

Aheggan Iharriyen (le ciel bouché) : 17 jours, du 7 au 13 avril, période de froid sec.

Aheggan n’ waklanle (ciel bouché) : 27 jours, du 14 au 20 avril, radoucissement du climat, greffage des oléastres, préparatifs du jardin d’été.

Tiftirine (les cycles) : 7 jours, du 21 avril au 2 mai, rituel de la fécondité, poursuite de la greffe.

Nissan ighelten (les pluies bienfaitrices) : 7 jours, du 3 au 9 mai, anzar, rituel d’appel de la pluie en cas de sécheresse, processions et carnavals.

Nissan oushilen (les pluies chaudes) : 7 jours, du 10 au 16 mai, récupération des eaux des pluies bienfaitrices.

Izegzawen (les journées vertes) : 7 jours, du 17 au 23 mai, formation des épis dans les céréales.

Iwraghen (les journées jaunes) : 7 jours, du 24 au 30 mai, fenaison, Labour de printemps.

Aqliv n’ tyerza (les derniers labours) : 27 jours, tout le mois de mai, labours de printemps dans les oliveraies, enfouissement des fumiers et des engrais verts.

Taggourt u nevdou (la porte de l’été) : 30 mai premier jour d’été.

Imellalen (les journées blanches) :7 jours, du 31 mai au 6 juin, période des foins.

Iqurranen (les journées sèches) : 7 jours, du 7 au 13 juin, formation du fruit dans les oliviers.

Tamegra (les moissons) : 23 jours, du 14 juin au 6 juillet,  moisson de l’orge.

Lâinsla (solstice d’été) : 7 juillet Solstice d’été, fête des moissons, fumigations des oliviers et autres arbres fruitiers.

Tamouqint (le pacte) : 10 jours, du 7 au 16 juillet, interdiction de toucher aux figues.

Afsay n’ tmouqint (fin du pacte) : 17 juillet, levée de l’interdiction, fête de la figue.

Assarwet (le battage) : tout le mois de juillet, battage du blé.

Smayem u nevdu (canicule) : 36 jours, du 25 juillet au 29 août, période de canicule.

Amewwan tamenzuyt (la porte de l’automne) : 30 août, entrée de l’automne.

Smayem n’ Lekhrif (tirza) (Les visites) : 4 jours, du 30 août au 4 septembre, visites familiales.

Iboua erremane (Le temps des grenades) : 26 jours, du 5 au 30 septembre, mûrissement des grenades.

Azvar (Le débroussaillement) : 26 jours, du 1 au 26 octobre, débroussaillement des oliveraies, préparation de la récolte des olives.

Merci (thanemirthe) de me corriger.

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( 5 mars, 2011 )

Décharge publique

TAGRAGRA est « belle » par ses atouts naturels, constitués de ses montagnes, ses forêts, ses rochers (azrou naldjamaa, azrou boussalhane, azrou oumedhoure, azrou teguerefiouines, ….), ses ruisseaux… mais est malheureusement de plus en plus dénaturée », ici et là, par ces pratiques néfastes de rejets des eaux usées et des ordures ménagères en pleine nature à travers champs, buissons, forêts et surtout d’une façon généralisée aux bords des routes (avridh allemasse, avridh oumathaghe narvadhe) et chemins (avridh atebarourthe, avridhe bouassif, avridh oumezeyave, avridhe machouna,……) où jadis, en se promenant à pieds, on y faisait irrésistiblement des haltes pour se reposer un peu et s’en offrir ainsi l’occasion d’admirer les beaux paysages verdoyants tout en respirant une bonne dose d’oxygène, disait-on irrésistiblement.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire qui se passe, on se détourne le regard et on se bouche le nez tout le long de ces routes et chemins mêmes les plus reculés parce que le paysage est complètement dénaturé par ces déchets éparpillés partout et ces odeurs nauséabondes qui s’en y dégagent.

Il n’y a pas de décharges publiques ni à l’échelle de notre commune d’Ath-Mahmoud ni de notre sous préfecture d’Ath-Douala, parce que les élus et les responsables concernés n’arrivent pas à en « choisir » un lieu approprié du fait de l’opposition systématique des habitants concernés qui n’acceptent pas de « recevoir » les ordures des « autres » dans le territoire de leurs villages respectifs, même s’agissant d’un lieu approprié et propriété de l’état.

Cependant quelque soit les raisons à invoquer, rien n’explique cette façon d’éparpiller les ordures à l’intérieur du village même et à travers les bords de routes, les chemins, les buissons et les forêts, si ce n’est l’incivisme tout simplement des citoyens concernés, qui se généralise malheureusement et dangereusement de plus en plus en kabylie toute entière.

On n’accepte pas de recevoir « chez soi » les ordures des autres mais on y va de son coté jeter ses ordures dans les « espaces communs », donc chez « autrui », soit dans les ruisseaux, les bords de routes, les forêts …

Dans mon village, chacun possède une ou des parcelles de terrain où il a la possibilité d’y déposer ses ordures ménagères en vue d’incinération, malheureusement la majorité préfère y aller les « déposer » ailleurs, discrètement, aux bords des routes, chemins, buissons et des forêts en polluant ainsi, peu à peu, tout l’environnant.

Le comité avec l’aide de tous les habitants de mon village doivent passer à l’action en se dotant localement d’une seule et unique décharge « privée » pour une gestion d’une façon organisée des déchets ménagers de mon village.

Ainsi dans tout le territoire de mon village, ses rivières, ses champs, ses buissons, ses forêts retrouveraient leur « nature » saine d’antan car y serait strictement interdit tout rejet anarchique de déchets.

( 15 février, 2011 )

TIMECHRET

TIMECHRET
Je me permets d’apporter la contribution suivante que j’espère sera constructive, et que d’autres intervenants, enrichiront de par leurs avis et réflexions.
Je considère l’événement TIMECHRET comme un événement social qui a ses racines dans l’histoire de ce peuple glorieux : Amazigh.
TIMECHRET est un événement fédérateur des citoyens des villages kabyles, qui permet de raffermir les liens.
TIMECHRET est l’essence même de la justice sociale vue qu’elle implique un partage égalitaire sans distinction d’âge (adulte, enfant, nourrisson) de sexe (homme, femme), de résidence (village, ville, étranger, …..), de niveau social.
TIMECHRET véhicule le sens de la solidarité, ou un jour de l’année tous les citoyens du village, contribuent chacun en fonction de ses moyens et de ses dispositions, à l’acquisition de bêtes à égorger et à se partager.
TIMECHRET est un événement festif qui fait appel à la générosité de tous les enfants du village pour égayer une journée et que chaque famille partage le même repas, quelque soit le rang social.
Quand l’événement si attendu arrive, tous les villageois se réunissent au lieudit (Thakouraveth). Même les gens partis ailleurs, ne ratent pas cette occasion de venir retrouver l’ambiance du village. TIMECHRET a au moins le mérite de rassembler tous les enfants du village, où qu’ils soient.
TIMECHRET est aussi l’occasion de se retrouver et de discuter sur plusieurs thèmes. Les problèmes du village sont abordés, et ceux qui sont « bien placés » sont sollicités pour apporter leur aide. Ensuite les soucis laissent place aux anecdotes amusantes (par exemple avec Vava Mimi : 4 fois 20ans, je cherche mes clients, aman barourou, ….etc).
La date de cet événement est arrêtée consensuellement par les chargés de la célébration en occurrence les sages du village (Automne : harthadhem).
Réfléchissons tous ensemble pour TIMECHRET 2011.

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( 13 mai, 2010 )

HOMMAGE AUX DISPARUS (THALWIT I YAKHESSANE ANESSANE*)

A Dieu nous appartenons, à Dieu nous retournons.

Je voulais rendre un grand hommage à toutes les femmes, à tous les hommes et à tous les enfants du village qui nous ont quittés subitement. On ne vous oubliera jamais, vous êtes à jamais dans nos cœurs.

Je cite les noms de certaines personnes dont leur disparition a bouleversé le village entier et je m’excuse par avance auprès de toutes les familles du village pour tous les noms de disparus que je n’ai pas pu citer.

- Hadjout Belkacem ;
- Hamani hadj M’hend et sa mère na Dehbia ;
- Hamis Malika épouse de Hamis Mouloud ;
- Hamis Sadia épouse de Hamis Slimane ;
- Hamis Fodhil et son épouse Fatima ;
- Hamis Mokrane ;
- Halladj Sadia (Dadouche) ;
- Hamel Mouh Ouali ;
- Hamadi Achour ;
- Hafrad Hocine ;
- Hakimi Rachid ;
- Halladj Yazid ;
- Hamis Ali dit Balilouche ;
- Haliche Hannafi ;
- Haliche Rachid ;
- Halzoun Hannafi et son fils Ahcène ;
- Hamadi Rabah ;
- Hadjout Rosa ;
- Hamis Amirouche ;
- Hamis Malha El Hadj épouse de Hamadi Mouloud ;
- Sekoune Saadia épouse de Halladj Mouloud et son fils Abdelaziz (31 mars 2011) ;
- Hadjout Rabah et Bouazza Mouh ;
- Hamis Hadj Salah et son épouse Saadia ;
- Hamis Dehbia Ath Freh ;
- Hamadi Saliha (Fille de Hamadi El Hocine) ;
- Hadjout Omar ;
- Halladj Lounés et sa fille Nadia ;

- Hamel Rabah (Da Rabah) ;
- Hamis Rachid Mouh Idir (26 février 2011) ;

- Hafrad Chérif (18 juin 2013 à l’age de 59ans).
HOMMAGE AUX DISPARUS (THALWIT I YAKHESSANE ANESSANE*) dsc00625-150x112dsc03614-150x112dsc07418-150x112dsc07434-150x112dsc07459-150x112dsc07688-150x112dsc09339-150x112dsc09340-150x112dsc09341-150x112dsc09426-150x112dsc09728-150x112epsn0005-150x112epsn0012-150x112img00021-150x100

( 10 avril, 2010 )

Les différentes plantes (Imghan) qui poussent au village

LES DIFFERENTES PLANTES (IMGHAN*) QUI POUSSENT AU VILLAGE ET DANS SES ENVIRONS

Alateme (tametwala*), arbousier (asisnou*), abricotier (tamecmact*), ail sauvage (bibras*), asphodèles (aberwaq*), aubépines (idmim*), aunée (amagraman*), armoise (ccih*), artichaut (tafeghewets*), basilic (lehbeq*), blé (irden*), bourache (ccix-lebqul*), bruyère (axleng*), bulbe d’arum (abaouq*), carde (taga*), cardon (tagheddiwt*), caprifiguier (tadekkwart*), cannelle (lqerfa*), centaurée (q lilu*), citronnier (talimets*), cerisier (taknisya*), chardon bleu (abuneqqar*), chardon des ânes (asennan n weghyul*), caroubier (axxerub*), champignon (agursal*), châtaignier (abellud n urumi*), chou-fleur (taberwit*), chêne-vert (ickir*), chêne-liège (iggi*), chiendent (affar*), cognassier (taktunya*), cocombre (agan*), coquelicot (ajihbud*), coriandre (lkwesber*), cresson (gerninuc*), chicorée (tiffaf*), clématite (azanzu*), diss (adelles*), eglantier (tuzzalt*), épervière (saghdar*), eucalyptus (taleccact*), fenugrec (tifidas*), fenouil (abesbas*), fêve (ibiw*), figue fraîche (tabexsist*), figue séche (inighem*), figue fleur (urgal*), figue de barbarie (takermust*), figuier (tameghrust*), figuier de barbarie (taaersiwt*), foin (asaghur*), fougère (ifilku*), genêts (azzu*), géranium (amezzir*), gland (abellud*), grenadier (taremmant*), garrou (alezzaz*), laitue des champs (zidelmum*), laurier-rose (ilili*), laurier-sauce (tarselt*), lentilles (tiniltit*), lupin (lmented*), lierre (budafel*), lentisque (tidekt*), liseron (zzeeter*), luzeme (ikeffis*), mâche (tadut n wulli*), marrube (mernuyet*), mauve (mejjir*), maïs (akbal*), mélisse (ifer ntzizwit*), menthe poliot (felgup), millet (absis*), moisissure (taghemmalt*), müres (tizwal*), navet (tinift*), néflier (tzaarurt*), noyer (tajujets*), oignon (azlem*), olivier (tazemmurt*), olivier sauvage (ahacced*), orge (timzin*), orme (ulmu*), ortie (azegduf*), orobanche (wazduz*), ombelle (uffal*), paille (alim*), petit pois (ajilban*), pois sauvage (ahbac*), peuplier aune (asghersif*), peuplier saule (asefsaf*), poireau sauvage (tarnast*), poirier (tifirest*), pariétaire (meckented*), pissenlit (tughmest n temghart*), prunier (taberquqt*), raquette (ihder n ukermus*), raisin (adil*), rue (awermi*), ronces (inijel*), roquette (acnaf), thapsia (adbib*), trèfle (ikfis*), thapsia vésiculaire (aderyis*), tournesol (mageritij*), tourteau d’olives (amegruc*), vigne (taferrant*), vesce (tibiwt*).

( 3 avril, 2010 )

Thivehirthe Oumalou

THIVEHIRTHE OUMALOU

Un endroit, pleins de souvenirs (aktay*), où on aime se retrouver les fins d’après midi, après la canicule (smayem*) bien sur. Loin de tout et de la pollution (aseldegh*), le silence (tasusmi*) rien que le silence que ne dérangent que les chants (isughan*) des oiseaux (ifrax*) et celui des cigales (iouarzaguènes*).

( 3 avril, 2010 )

Association culturelle « THALA »

ASSOCIATION CULTURELLE « THALA »

Elle a été créé au début de l’année 2007, sans subvention étatique, elle n’activait que grâce à la volonté de ses membres et à l’aide financière reçue du comité du village et des dons personnels.
Elle a élu domicile dans la bâtisse de « djemaa ajedidhe » derrière (tassaquamouthe*). On voulait que les activités de l’association soit diversifiées le plus possible mais par manque de moyens on s’est retrouvé réduit à organiser des tournois de football essentiellement en été (anevedhou*), durant les vacances (amaris*).

Association culturelle dsc03374-150x112dsc06811-150x112dsc08399-112x150dsc09482-150x112epsn0005-150x112img0001-150x100dsc09722-150x112dsc001871-150x112dsc00214-150x112dsc00246-150x112dsc00212-150x112

( 27 mars, 2010 )

Axxam tadarthe – Maison du village

AXXAM TADARTHE –MAISON DU VILLAGE

Nos ancêtres concepteurs n’étaient pas urbanistes ni architectes. Ces mots leur étaient complètement étrangers du fait qu’ils étaient tous illettrés, ce qui ne les empêche pas pour autant de bâtir un village parfait sur le plan urbanistique.

Le village a été harmonieusement structuré en quartiers desservis par des ruelles et impasses reliées à la rue principale coupant longitudinalement le village.

Un vieux (Vava Piri : Halladj Akli) du village, qui a gardé intacte la maison de ses ancêtres explique la philosophie kabyle en matière de construction : «C’est un besoin naturel que de construire. Le Kabyle qui ne réalise pas sa maison n’est pas un homme. Edifier son logis, gagner le pain (aghrum*) de ses enfants, protéger sa femme, mettre en valeur ses propriétés et participer à l’effort collectif (tiwizi*), voilà entre autres valeurs celles qui fondent la kabylité. Le nif, c’est tout ce qui rentre dans les relations avec autrui, payer ses dettes, racheter les terrains des ancêtres, défendre le village, honorer la région, sauver l’orphelin et protéger la veuve (thadjalt*) ou l’handicapé ! L’harma, c’est tout ce qui touche à l’intérieur, combler sa femme, protéger ses filles par l’éducation, définir son territoire, sa maison et préserver l’intimité. Etre prêt à défendre les siens contre tout prédateur. Le fusil (el fouchi*) est un moyen de défense du nif et de l’harma».

Le villageois avait besoin de toute cette explication des valeurs kabyles pour étayer le «caractère défensif » de la maison kabyle. « Axxam est un tout, il doit être fermé, sécurisé et inviolable. La maison kabyle de par sa forme remplit des fonctions utilitaires et sécuritaires. Elle n’a pas de fenêtres, par contre elle a des meurtrières qui contrôlent toutes les allées alentour. Une issue de secours est prévue, (thakharadjit*). La chambre d’en haut (taghorfets*), permet une vision circulinaire d’une partie du village d’où pourrait surgir l’agresseur ».

Aucun villageois ne construit seul sa maison. C’est un moment de grande solidarité. Si, monter des murs nécessite juste un maçon et un apprenti, les fondations et la toiture appellent la participation de tout le village.

La pose de la poutre faîtière, (ajgou alémas*), est un moment particulier. Il s’agit d’un tronc d’arbre mal dégrossi que l’on transporte de la forêt avec des cordes et que l’on hisse à la force des bras sur le sommet des murs (aghrav*). « Ramener (ajgou*) de la forêt est un jour de fête (thamaghra*), se souvient, Vava Piri. Une procession de jeunes gaillards qui se passent la main et se relaient sous la grosse charge à travers champs. Les enfants accompagnent le cortège de chants, de chorales. Certains exubérants ramènent même les tambourinaires (idebalen*) tout se termine à l’évidence par un couscous ».

Les matériaux utilisés dans la construction de la maison kabyle sont ceux que l’on trouve sur place. Solides imperméables, faciles à travailler, ils protègent parfaitement de la chaleur et du froid. La pierre abonde en kabylie. Le gré, le granit, le basalte, le calcaire de diverses couleurs, sont préparés en cubes (avelathe*) durant les longues journées de printemps. On y puise les quantités nécessaires à la construction en fonction des besoins.

L’argile ou la marne, mélangée à l’eau et la paille, donne une pâte épaisse servant de mortier liant la muraille de pierre. La toiture est en tuile romaine. Elle est échafaudée sur deux versants délimités par la poutre faitière. Un lit de perches (tassara*) repose sur les deux pannes intermédiaires et sablière sur chaque versant du toit.
La tuile ronde est posée sur l’enduit de marne comble la trame de roseau tissée comme un clissage sur le lit de perches. Chaque tuile ronde installée sur le dos reçoit deux tuiles dans son ventre et l’étanchéité est garantie. Une ligne de grosses pierres assure l’immobilité !

Réaliser une toiture est un acte de solidarité villageoise. Trois équipes sont mobilisées. Celle qui prépare le mortier, (tahourt*), celle qui pose les tuiles, et le groupe qui assure le lien entre les deux équipes. Tout se déroule sous l’œil vigilant d’un contre-maître expérimenté, un meneur d’hommes qui définit les taches de chacun et veille à leur bonne exécution.

le bâtisseur (Abenay*), met la main à la pâte, vérifie la consistance du mortier, la propreté des tuiles, la solidité de la trame de roseau et surtout l’entame de la pose des tuiles.
De la pose de la première tuile dépend l’harmonie de l’ouvrage. Construire en pierre et en terre recouverte de bois de terre et de tuile (terre cuite), la maison kabyle trapue, écrasée, assure une protection maximale contre le froid et la chaleur.

Cette demeure remplit les conditions d’hygiène connues dans toutes les civilisations. Construite sur des hauteurs, éloignée des marécages et des rivières (Issafen*), elle est toujours bien orientée de sorte que le soleil la visite et la désinfecte.

De telles maisons tendent à disparaître. On construit autrement de nos jours. Pour des raisons de confort, d’espace et de commodité on copie les européens. Souvent très mal.

La maison kabyle est le témoin physique d’un mode de vie, un contexte et une culture qui n’existent plus.

Dans chaque village de Kabylie, une de ces vielles maisons défie encore le temps ; on les conserve pour la nostalgie, la mémoire, c’est le témoignage du génie des ancêtres.

L’architecture (tasegda*) de l’habitat en Kabylie a connu depuis l’indépendance (azarug*) une transformation fondamentale, passant de la maison kabyle ancestrale, partie d’un ensemble villageois harmonieux, total et fonctionnel, à une bâtisse individualisée moderne à plusieurs niveaux, avec des formes intermédiaires, tel que le mas avec cour, la maison turque à cour intérieure ou encore le pavillon à terrasse.

Il n’y a plus d’architecture typiquement kabyle. Les villages évoluent dans l’anarchie, dans des excroissances en béton sans âme, il s’agit de la bâtisse à plusieurs niveaux.

De nouvelles, très belles et modernes villas (tadwarit*) ont été construites un peu partout autour du village mais n’enlèvent rien au charme particulier de l’ancien village qui a été conçu harmonieusement dans un plan d’ensemble qui prenait en considération les « éléments » essentiels à une vie communautaire harmonieuse et bien réglée.

L’électricité (tazarurt*) n’est arrivée qu’en 1980, alors que tous les villages environnants en étaient déjà pourvus.

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